Personne ne sait comment naissent les pensées. Venues d’on ne sait où, peut-être des profondeurs des rêves, surement de nos vies antérieures, comme d’un autre que nous-mêmes, elles jaillissent dans l’esprit telles les bulles d’air transparentes qui viennent crever à la surface d’un étang trouble et boueux. Pensées en vrac. Pensées fragmentées. Fragments de pensées. Pensées vagabondes qui s’évaporent. Impuretés éphémères et vite oubliées, avant d’être filtrées aux tamis de la raison, de la bienséance ou de la terrible logique. Surtout, ne jamais mettre de l’ordre dans ses pensées, autant verser de l’eau de Javel sur son potager.